Un vrai Leader c’est davantage qu’un ensemble de compétences, c’est un état d’esprit. On ne s’improvise pas Leader. On doit être reconnu comme un vrai Chef de file et non s’autoproclamer en tant que tel. Ce terme désigne pour moi la personne qui délègue, à l’inverse de collaborateur, qui est la personne qui reçoit la délégation. D’ailleurs, dans un prochain billet, je développerai la notion de délégation : Apprendre et savoir déléguer, car la chose n’est pas aisée. La notion de délégation est une notion abstraite et est liée à notre histoire personnelle. Fréquemment, on oublie que lorsqu’on délègue une mission, on reste responsable de la mission que l’on a déléguée.

La remise en question de sa propre personnalité, de la capacité à transmettre l’information précise et à diriger une équipe provoque des craintes. En conséquence, et trop souvent, elle n’est faite qu’après un constat d’échec, au moment où la défaite est renvoyée comme un reflet dans un miroir.

Je pense que plusieurs types de Leaders sont à distinguer : celui qui ne délègue pas du tout, celui qui délègue trop, celui qui délègue sans réfléchir et enfin celui qui fait confiance à ses collaborateurs. Ce dernier type de Leader retiendra plus particulièrement mon attention pour la conclusion de ma rubrique et pour préserver le côté positif qui me caractérise.

Centralisateur 1. Celui qui ne délègue pas du tout : le Centralisateur.

Celui qui se veut indispensable. C’est la personne qui ne communique pas ou mal. Qui oublie qu’il s’agit d’un travail d’équipe. Or, la transmission d’information et/ou de connaissances est une vraie preuve d’intelligence. Le Centralisateur ne sait pas formuler ses attentes et exprime des consignes de façon implicite.

Diagnostic : en son absence, ses collaborateurs ne savent pas faire face à des situations anodines.

Donneur 2. Celui qui délègue trop : le Donneur.

Celui qui donne le travail dès qu’il le reçoit. Occasionnellement, lorsqu’il décide de s’approprier une mission, il garde celle qui est la plus intéressante. Il se décharge plus qu’il ne délègue et s’implique rarement dans les missions qu’il a déléguées.

Diagnostic : par son comportement désinvolte, il oublie systématiquement les dead lines et les plannings.

Indecis 3. Celui qui délègue sans réfléchir : l'Indécis.

Celui qui ne prend pas le temps d’auditer les missions en fonction de leurs spécificités et en respectant les compétences et les disponibilités de chaque collaborateur. C’est celui qui ne sait pas vraiment quel est le résultat qu’il attend.

Diagnostic : il n’est jamais content du résultat final car c’est au moment où il le découvre qu’il prend conscience de l’inadéquation de la mission par rapport à la personne à qui il l’a confiée.

Succes 4. Celui qui fait confiance à ses collaborateurs : LE Leader.

C’est celui qui a l’art de bien s’entourer, et c'est là, la clé du succès. Il sait guider son équipe avec efficacité en ayant pour horizon le succès de son Entreprise et l’évolution personnelle de chaque collaborateur.

C’est celui qui consacre l’essentiel de son activité autour des missions clés, celles qui ne peuvent être déléguées, qui se classent dans la catégorie urgentes, et sait faire mentir la règle des 20/80.
En effet, dans une de ses observations, l’économiste italien Vilfredo Pareto affirma, avec conviction, que 20 % de personnes produisent 80 % de rendement, et que 80 % de notre rendement est atteint en 20 % de notre temps. Son diagramme, bien que datant du siècle dernier (fin XIXe), continue à être utilisé en gestion de qualité, ce qui confirme sa pertinence.

LE Leader sait être visionnaire et apporte des idées novatrices, mais reste néanmoins enraciné dans la réalité. C’est cet élément incontournable qui lui procure le respect de son équipe. Le fait qu’il soit focalisé sur les résultats ne l’empêche pas d’être attentif aux autres.

C’est avec ce type de Leader que l’équipe se sent à l’aise et rassurée. Plusieurs règles d’or sont, cependant, à respecter pour devenir un bon Leader et, ceux qui le sont, les observent scrupuleusement.

En effet, il me semble judicieux de s’imposer avec délicatesse mais fermeté et précision, en ayant toujours un objectif clair. Par ailleurs, il faut déléguer ce que l’on sait faire. C’est ainsi que l’on pourra expliquer de façon précise les enjeux de la mission, les délais de réalisation et les délais intermédiaires ainsi que les attentes.
LE Leader fait confiance et implique ses collaborateurs dans les missions qu’il confie en leur donnant la possibilité de franchir, à chaque fois, une nouvelle étape vers l’autonomie.
LE Leader est organisé et indique les points de contrôle. S’il donne une délégation de pouvoir, il doit fixer les limites des prises de décision. Il doit recadrer systématiquement les collaborateurs qui le sollicitent sans cesse : les mangeurs de temps. Cela ne l’empêche pas de rester constructif car même si la mission est déléguée, il en garde les commandes mais doit apporter son aide au collaborateur qui s’éloigne de solutions attendues et toujours faire le bilan des missions confiées lorsqu'elles sont terminées.
LE Leader sait féliciter un collaborateur même si ce dernier n’a pas rempli seul et à 100 % la mission qui lui a été confiée. Ainsi, il sera plus performant lors de la prochaine mission.

On ne doute pas aujourd'hui que c'est par le leadership que se remportent les batailles économiques. Ce qui fait singulièrement la différence, c’est l’organisation, les priorités, les choix stratégiques, les méthodes d’animation des équipes.

L’efficacité d’un Leader d’entreprise se mesure ainsi par son aptitude à être à la fois virtuose de plusieurs instruments et Chef d’orchestre.

Pour être performant, il doit acquérir et développer des connaissances et des compétences très vastes. Il ne peut plus se contenter d’être un homme de contact ou un bon gestionnaire ou un meneur d’hommes, etc… Il doit être tout à la fois.

Ceci est ma petite contribution dans cette réflexion inhérente aux qualités reconnues d’un vrai Leader. La plateforme de discussion reste ouverte…
Cependant, j’ai l’intime conviction qu’ils seront nombreux à se reconnaître dans les valeurs décrites dans le 4 ème paragraphe et idéalement espère participer à la construction d’une Entreprise avec l’un d’entre eux.

Ce billet est un témoignage de respect à Jean-Claude ETIENNE (DR Asturienne Penamet, DG Longometal Marseille).